dimanche 23 mai 2010

Jour 3 (Lundi 10 mai)

Premier jour de travail ! (le dimanche aura été consacré à un dodo de 24h lol)

Après m’être fait amener par un collègue durant 30 minutes de trajet, je découvre l’entreprise. Elle tranche complètement avec les bâtiments alentour bien que l’on soit dans le CST,  elle parait beaucoup plus moderne que les autres et mes impressions sont confirmées en entrant : portail de sécurité, pass électroniques, fouille des voitures … on est plus dans le même monde.

 J’ai alors le droit de rentrer avec un pass invité jusqu’à ce que ma présence soit validée par l’administration. Ce processus va prendre la matinée et je vais donc avoir un avant goût de la fameuse administration indienne… Ici tout le monde a rendez vous à la même heure, et les tâches sont extrêêêêmement divisées : pour remplir un simple formulaire, il faut passer par 5 à 6 bureaux où les personnes concernées doivent remplir la ligne qui les concerne. Avec une bonne demi-heure d’attente à chaque fois.

Une fois ma présence validée j’ai quelques photocopies à fournir … aux personnes que je viens d’aller voir ! Fort heureusement j’avais fait un bon paquet de photocopies de tous mes papiers en France et je n’ai donc qu’à déposer mes papiers sur les bureaux sans faire la queue pour l’accès aux photocopieuses qui sont … comment dire… très demandée !
Une fois cela fini, je n’ai malheureusement pas amené mon ordinateur portable pour le premier jour et je ne peux donc pas travailler réellement. Une fois la matinée passée, un aller au self de l’entreprise : ici la nourriture est bonne, mais tout est épicée, sauf les desserts (un fromage blanc classique et des pâtes… sucrées, intéressant et très bon !).
L’après-midi arrive et je rencontre les différentes personnes avec qui je travaillerais : mon tuteur que je vois en coup de vent car c’est le chef du département, le responsable du projet qui me concerne et mes collègues. Je rencontre également deux stagiaires qui vont travailler dans l’entreprise pendant quelques mois, un bon point de ne pas être le seul à débuter. L’ambiance est bonne même si tout le monde parle indien à l’exception du moment où ils s’adressent à moi.

On me fournit un bouquin sur la technologie éolienne, c’est parti je suis en terrain connu donc je passe l’aprem à étudier le livre mais le fait qu’il soit en anglais me fatigue plus vite que prévu. Départ le soir à 19h pour rentrer à la Guest House, j’arrive, mange et me couche, les journées de travail sont bien fatigantes XD.

Jour 1 (Samedi 8 mai)

Nous atterrissons à Bombay, la sortie de l’avion crée un choc. Il est 5 heures du matin et pourtant il fait 35 degrés.

 Récupération des bagages. Petit stress dans l’attente de voir apparaitre sur le tapis roulant le bagage qui contient les 400 euros de traitement contre le paludisme. La valise arrive finalement.
Je dis au revoir à mes nouveaux amis indiens qui soit s’en vont vers un vol intérieur, soit ont leurs familles qui les attends pour les ramener chez eux. Nous bataillons avec Catherine pour trouver un bureau de change qui accepte les cartes, le seul existant est en panne. Nous échangeons donc nos maigres euros contre des roupies et négocions un bon quart d’heure pour obtenir un taxi qui nous amène à mon appartement. De là elle espère trouver un distributeur pour poursuivre son chemin.

Le taxi est là, nous embarquons et je découvre rapidement pourquoi seuls les indiens savent conduire en Inde. En dehors des cotés inversé comme dans toute les conduite « à l’anglaise », ils ont la particularité de conduire au klaxon : c’est celui qui craquera le dernier psychologiquement après avoir klaxonné un bon moment sur la voiture voisine qui aura la place sur la route. Je découvre Mumbai au matin, et je comprends vite pourquoi l’on parle de ville contrastée. Si certains quartiers comme le mien sont tout à fait décents (dans le sens où un occidental peut y « survivre »), ces zones sont bordées pars d’immenses bidonvilles au contact des bassins d’égouts gigantesques. De nombreuses personnes dorment sur le trottoir, et quand je dis « nombreuses » c’est que l’on peut avoir une personne tous les mètres ou tous les deux mètres environ.
Le taxi typique de Mumbai qui représente bien 50% des voitures de la ville à vue de nez

Nous arrivons à mon appartement après que le chauffeur ait demandé 5 à 6 fois son chemin aux passants. Après avoir remercié le chauffeur de taxi et une présence supérieure pour s’être sorti vivant de ce trajet,  nous abordons le gardien qui nous indique ma chambre. Là encore le contraste est flagrant. C’est un quatre pièces de 100m² qui bien qu’assez vide, est en contraste total avec la pauvreté ambiante. Pour un hôtel français l’aspect ne serait pas luxueux mais ici on saute carrément d’un monde à l’autre en franchissant le seuil de l'appartement.

Nous demandons avant tout où trouver un distributeur et nous nous ruons pour savoir si nous allons avoir accès à de l’argent liquide pendant notre séjour. On me signale qu’en parallèle mon petit déjeuner me sera préparé. Au passage, la plupart des indiens ne parlent pas anglais, cela est reservé aux personnes ayant une bonne éducation et un fort statut social, donc pour déterminer si la personne parle anglais, regarder ses habits et sa manière de se tenir … un peu spécial au début même dérangeant mais on s’y fait.
Nous trouvons le distributeur et c’est la délivrance pour Catherine qui n’avait pas pu retirer de roupies à Paris pour un problème inconnu. Elle me remercie et nous échangeons nos coordonnées après qu’elle ait convaincu un indien d’apparence "cossue" de négocier le taxi à sa place. Le riche indien était avocat et la discussion avec le chauffeur n’a pas trainé.

Je retourne à mon appartement pour prendre le petit déjeuner et j’ai la surprise de voir 4 petits indiens de dix huit à vingt ans s’affairer autour de moi pour me servir et me resservir. Je veux leur dire que ce n’est pas la peine de me servir autant mais ils ne parlent pas anglais et cela complique beaucoup la capacité à pouvoir se faire comprendre…
Le maitre des lieux arrive, me parle anglais et je lui explique que j’ai bien assez à manger. Les indiens s’en vont et j’explique que je ne mangerais pas avant ce soir car je suis réveillé depuis 24 heures donc que j’ai besoin de... hum... récupérer. Je retourne chez moi et somnole pendant toute la journée avec une chaleur atteignant 32°C malgré la climatisation tournant à fond.

Le soir je me lève pour diner et je vois à nouveau les petits indiens qui s’affairent à me remplir le ventre. Je retourne chez moi épuisé par un manque de sommeil toujours présent. J’entends une fête dans le quartier, je descends voir, c’est un ensemble à base de percussions et de cuivre qui se donne à cœur joie dans les rue de Mahim. Les jeunes dansent à coté et j’ai l’occasion de voir que leur manière de danser est vraiment très électrique et saccadée: on bouge à l’instinct, en sautant sur place ou en tournant sur soi, on est bien loin des chorégraphies Bollywoodiennes mais la scène reste étonnante. Après une quinzaine de minutes je retourne me coucher, vraiment épuisé... le jetlag est toujours là :)

Jour 0 (Vendredi 7 Mai)

Voila c’est fait, je pars. Je quitte la France pour 4 mois ou presque, seul, et je me dirige vers un pays aussi inconnu que fascinant pour moi : l’Inde. Je pars avec pour objectif de mener un stage de trois mois à Mumbai chez l’une des plus grandes compagnies indiennes: Tata dans un domaine qui m’est cher, les éoliennes et les énergies renouvelable. Tout à été planifié jusqu’à l’aéroport, ensuite, une fois l’avion pris, c’est en quelque sorte une aventure pour moi qui n’ai jamais vécu seul à l’étranger et à une telle distance de la France.

A l’aéroport, je discute avec un indien dans la file. Il se nomme Kunal, ou Doc pour ses amis, et vient de terminer une année d’étude de Business Management partagée entre les USA et Prague. Nous nous apercevons au bout de quelques minutes que je vais aller habiter à un centaine de mètre de chez lui dans le même quartier ! Remis de notre surprise, nous entamons une conversation dans laquelle il s’efforce de me présenter l’Inde sous toutes les coutures dans le temps qui nous sépare de l’embarquement où nous auront des sièges séparés. J’ai donc droit à une présentation pèle mêle des trains indiens, des fameux rickshaws, des films du cinéma de Bollywood, de la nourriture (épicée…), du climat ou même du quartier résidentiel dans lequel je vais loger.

Peu après nous embarquons pour notre premier vol à destination de Rome. Premier décollage dans ma vie, je ne suis pas stressé le moins du monde, j’ai le plaisir de voir que j’ai une place vide à coté de moi dans l’avion ce qui va me permettre de mieux placer mes grandes jambes dans cet appareil de la Koweït Airways qui, sur ce point, a des allures de boîte à sardine.
Décollage amorcé. Prise de hauteur. Découverte du paysage parisien sous un jour nouveau. Traversée des nuages. Ciel bleu azur immaculé sous lequel s’étend une mer uniforme de nuages.

Le trajet n’est pas bien passionnant, je n’arrive malgré tout pas à dormir car je n'arrive pas à mettre en position latérale qui est la condition sine qua non de mon sommeil. Le repas ne sera pas plus encourageant, je ne crois pas avoir mangé une omelette aussi transparente au niveau de l’aspect comme du gout. Je rencontre cependant Catherine, une femme française qui vient quelques temps en Inde pour faire un article photo sur l’Inde. Elle me dit que mon histoire l’intéresse et qu’elle voudra surement écrire quelque chose sur ce français qui part en Inde travailler sur des éoliennes... affaire à suivre.
Arrivé à Rome. Une escale d’une heure qui en prend deux. Redécollage. Nourriture insipide. Sommeil impossible mais fatigue bien réelle.

Nous arrivons au Koweït. L’atterrissage de l’avion sur une Koweït City de nuit est juste magnifique, des petites à coté de moi on les yeux qui brillent. L’accueil à Koweït n’est pas aussi chaleureux puisque on vient nous chercher en bus à la sortie de l'avion pour nous emmener à la zone d’accueil qui est simplement campée par des policiers et militaires armés qui nous regardent sans nous voir.
Kuwait City de nuit
 Correspondance plus longue que prévue. Repassage par les procédures de sécurité. Re-redécollage. Nourriture qui tient plus du remblai que de l’aliment.

Je discute sur le trajet avec un indien qui parle difficilement quelques mots d’anglais. Il m’explique autant avec les mots qu’avec les mains qu’il travaille pour une entreprise américaine au Koweït (aux dernière nouvelles les américains parlent anglais pourtant. Etrange) mais qu’il revient voir sa famille de temps en temps.

Avant propos

Bonjour à tous vous qui atterrissez sur ce blog pour je ne sais quelle raison :)

Je le créé car après deux semaines passées en Inde, la plupart des gens me posent les mêmes questiosn sur mon voyage en Inde et la phase de réponse aux questions de mes interlocuteurs au demeurant charmants me prend un temps non négligeable, surtout quand j'ai l'impression de faire un copié collé de la discussion que j'ai eu avec quelqu'un d'autre quelques heures auparavant ...

Alors voilà je lance le blog, c'est parti!
Les premiers posts seront des versions raccourcies/remodelées du journal que j'ai tenu les premiers jours i.e. une version "pour moi" et donc comme j'ai la flemme de réécrire tout le début je vais prendre des passages de ce journal.
Let's go.